Il y a des voyages qu’on planifie pendant des mois, et d’autres qu’on décide presque sur un coup de tête, parce que la rentrée a été longue, que la grisaille lyonnaise s’installe déjà en octobre et qu’on a besoin de souffler. Minorque, c’était un peu les deux. Une envie de mer sans la foule, de nature sans l’organisation militaire, et surtout d’une semaine où je ne prépare pas les repas.
Octobre, le secret le mieux gardé de l’île

On nous avait dit : « en octobre, il fera peut-être frais ». On a eu 25 degrés, un ciel bleu franc, et des plages presque à nous. C’est ça, la magie de l’arrière-saison : l’île respire, les chemins sont vides, les serveurs prennent le temps de discuter, et personne ne se dispute une place de parking à 9h du matin. Mes garçons, 6 et 4 ans, ont pu courir sur le sable sans slalomer entre les parasols. Pour des parents, c’est un luxe qu’on ne mesure pas avant de l’avoir vécu.
L’eau, elle, était encore tiède. Pas la Méditerranée d’août, non, mais largement de quoi laisser un petit de 4 ans barboter une heure sans claquer des dents.
Les calas, notre grand coup de cœur

Si vous ne deviez retenir qu’une chose de Minorque : les calas. Ces petites criques encaissées entre les pins et la roche blanche, avec une eau d’un turquoise qui semble truqué sur les photos. Ce n’est pas truqué.
On en a fait plusieurs, et on a vite compris que celles du sud étaient les plus adaptées aux enfants : sable fin, entrée dans l’eau en pente douce, un peu d’ombre naturelle. Cala Macarella et sa petite sœur Macarelleta nous ont laissés sans voix. Cala Mitjana aussi, avec sa marche d’approche à travers les pins, vingt minutes qui deviennent une expédition quand on a 4 ans et un bâton trouvé en chemin.
Le conseil que je donnerais à une autre maman : prévoyez des chaussures fermées, de l’eau, et acceptez que certaines calas se méritent. Les plus belles ne sont jamais celles où on se gare devant.
Et puis il y a ces moments simples : mon grand qui construit un barrage pendant deux heures, le petit qui ramène fièrement un caillou « en forme de dinosaure », mon mari et moi qui ne disons rien, assis, à regarder la mer. C’est exactement pour ça qu’on était venus.
Un bol de nature… et un peu de culture


Minorque est classée réserve de biosphère, et ça se sent. Entre deux baignades, on a marché sur des portions du Camí de Cavalls, le sentier qui fait le tour de l’île. On a choisi des tronçons courts, une heure maximum, avec une crique à l’arrivée comme récompense. Motivation garantie.

Côté découvertes, on a pris le temps de flâner dans Ciutadella en fin de journée : les ruelles ocres, le port en contrebas, la cathédrale, une glace sur une place où les enfants ont couru pendant qu’on buvait un verre. On a aussi visité Mahón et son immense port naturel, et fait un détour par la Naveta des Tudons, un monument funéraire préhistorique de plus de 3 000 ans. Voir mon fils de 6 ans écarquiller les yeux devant « la maison des gens d’avant » valait tous les musées du monde.

L’hôtel all inclusive : notre vraie pause
J’ai longtemps eu des a priori sur le all inclusive. Je les ai rangés au placard. Avec deux enfants en bas âge, ne pas avoir à penser aux courses, aux horaires, aux goûters ni au « qu’est-ce qu’on mange ce soir » change absolument tout.
Notre hôtel avait un club enfants, une piscine avec pataugeoire, une aire de jeux et des activités en fin de journée. Résultat : les garçons ont eu leurs moments à eux, et nous les nôtres. Un café tranquille sur la terrasse pendant qu’ils faisaient un atelier, une sieste sans culpabilité, un dîner sans courir après un verre renversé. C’est ce petit confort qui transforme des vacances « fatigantes » en vraies vacances.

Ce qu’on en garde

Une semaine, c’était court, et pourtant suffisant. On est rentrés près de Lyon avec des joues rosies, des coquillages plein les poches et cette sensation rare d’avoir vraiment coupé.
Minorque en octobre, c’est du soleil, du calme, des rires, de la nature à perte de vue et des plaisirs très simples. La meilleure façon que j’ai trouvée d’aborder l’hiver le sourire aux lèvres.
